 Professeur émérite de psychiatrie à Stanford, Irvin Yalom est psychiatre à Palo Alto (Californie). Entre fiction, philosophie et psychothérapie, il est l’auteur de nombreux essais, romans ou récits, dont Apprendre à mourir. La méthode Schopenhauer, Mensonges sur le divan ou Le Bourreau de l’amour. Histoires de psychothérapie. Momma and the Meaning of Life et Existential Psychotherapy paraîtront également chez Galaade. Résumé : Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou Salomé et à l’échec de leur ménage à trois avec Paul Rée. Friedrich Nietzsche ou le désespoir d’un philosophe. Le Dr Breuer, l’un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret, orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. Tout est là pour une magistrale partie d’échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l’élève ? Qui soigne qui ? Et c’est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique que nous convie Irvin D. Yalom. Un roman inédit à découvrir absolument.   Knud Romer, né en 1960, a étudié l’histoire littéraire comparée. Concepteur-rédacteur pour des agences publicitaires, il a été lauréat du Direct Marketing Prize, du Corporate Image Prize, et du Prix Lion Direct à Cannes. Il a été interprète dans les films Les idiots de Lars von Trier et Allegro de Christoffer Boe. De plus, il est l’auteur de nombreux traités culturo-historiques sur des sujets aussi diversifiés que les pastilles de menthe et le suicide autoérotique. Il se consacre actuellement à l’écriture. Résumé : Que signifie être allemande dans une petite ville danoise après la fin de la Seconde guerre mondiale ? Que signifie être le fils d’une telle mère et d’un père danois ? Que ressent-on quand on se fait traiter de « cochon d’Allemand » à chaque récréation ? Cet enfer vécu – déguisé en une enfance ordinaire – est le sujet de Cochon d’Allemand, œuvre littéraire de premier ordre, qui porte l’évocation de tout un monde. En parlant de sa famille, l’auteur élargit l’horizon à l’Allemagne et au Danemark des années 30 et de la guerre. On découvre la famille du grand-père paternel, un visionnaire dont toutes les entreprises échouent, la lente ascension du père; puis le grand-père maternel, un Junker prussien, la grand-mère, défigurée par une explosion qui fait un goulasch incomparable, l’oncle devenu fou après avoir été sur le front…Mais surtout la mère, une résistante que ses voisins danois tiennent pour une nazie, qui est trop fière pour se défendre et qui dissout les excès de tension dans l’alcool. Et ce petit garçon, impuissant à l’aider, malgré tout son amour. Cochon d’Allemand est un petit livre d’une grande beauté, sans fausse note, dense et compact, avec des personnages qui vivent et qui marquent la mémoire.   Joseph O'Connor est né en 1963 à Dublin, oû il vit toujours. Il est considéré comme l'un des écrivains irlandais les plus importants de sa génération. A l'exception de A l'irlandaise (Laffont, 1999), tous les livres de Joseph O'Connor ont été publiés par les éditions Phébus, des Bons chrétiens (1996), recueil de nouvelles grinçantes, à L'étoile des mers (2003).. O'Conner fait déjà figure de classique. Résumé : Nous sommes en 1967, à Redemption Falls, ville imaginaire dans une région qui rappelle le Montana, dont le gouverneur est James O'Keeffe. Cet irlandais condanné pour avoir perpétré des attentats contre la blanche Albion, envoyé en exil forcé en Tasmanie, se retrouve à New-York peu avant la guerre de Sécession. Là, il rencontre une belle et riche héritière, cultivée et taquinant la Muse. Entre Julia et lui c'est le coup de foudre. Mais la lune de miel est de courte durée. Quelques mois après leur installation à Redemption Falls. Distance, incommunicabilité et désespoir deviennent le quotidien de ces deux-là. O'Keefe sombre dans l'alcool, flirte avec la folie: l'homme ne s'est jamais complètement remis de la guerre. L'adoption de Jérémia Mooney adolescent mutique et violent, éloignera un peu plus l'un de l'autre les époux. Et ce sera le règne du chaos.   Né à Dublin en 1965, Colum McCann est l’auteur de trois romans, Le Chant du coyote (Marval, 1996, et 10/18, 1998), Les Saisons de la nuit (Belfond, 1998, et 10/18, 2000) et l’inoubliable Danseur (Belfond, 2003 ; 10/18, 2005), et de deux recueils de nouvelles, La Rivière de l’exil (Belfond, 1999, et 10/18, 2001) et Ailleurs, en ce pays (Belfond, 2001). Passionné de voyages, il vit aujourd’hui à New York avec sa femme et leurs trois enfants. Résumé : Des années 30 à nos jours, de la République Tchèque à Paris, et un peu partout dans l’Europe de l’Est. La première fois qu’il a entendu Zoli Novotna chanter, la première fois qu’il l’a vue danser, Stephen Swann est tombé fou amoureux d’elle. Pour lui, l’apatride, né à Liverpool de père irlandais et de mère tchèque, cette rencontre a été une évidence : il l’aime, il la veut. Mais Zoli est libre comme le vent. Orpheline de père et de mère, elle a grandi sur les routes auprès de son grand-père Stanislaus, qui a toujours voulu le meilleur pour elle, qui a bravé l’interdit tzigane en lui apprenant à lire et à écrire et qui l’a mariée à quatorze ans à Petr, un vieil homme affectueux et compréhensif. Et surtout, il a transmis à Zoli toutes ses histoires, celles que les Roms se racontent de génération en génération. Alors Zoli chante la vie des siens, leurs joies, leurs drames. Et dans le plus grand secret, Zoli couche ces histoires sur le papier. Zoli est poète. Swann la suit comme son ombre. Il voudrait l’aimer, mais il n’est qu’un gadjo, un étranger. Alors, parce qu’il l’aime et qu’il ne peut l’avoir, Swann va trahir Zoli. Il va lui voler ses histoires pour en faire un livre...   Iain Levison, né en Écosse, a grandi aux États-Unis et vit en Caroline du Nord. À la fin de son parcours universitaire, il a exercé toutes sortes de métiers avant d’écrire son premier roman, Un petit boulot, traduit dans plusieurs pays, et très remarqué par la presse et le public (30 000 exemplaires vendus en France à ce jour). Une canaille et demie, paru en septembre 2006 (Piccolo 2007), a aussi été très bien accueilli. Résumé : Tribulations d’un précaire est un récit autobiographique. Avec un regard acéré et décalé sur le monde du travail, l’auteur relate avec un humour noir et décapant les petits boulots qu’il a été amené à exercer aux États-Unis pour survivre, après un passage dans l’armée et un diplôme de lettres. Aucune des compétences acquises ne lui servira jamais… pour transporter câbles et cafés lors du tournage d’un film underground, découper des poissons dans un supermarché de luxe, remplir des cuves de fuel ou conduire un camion de déménagement. Ni pour les travaux de forçat en Alaska à côté de travailleurs immigrés.   Né à Tunis en 1947 d’un père tunisien alors tailleur de pierre et d’une mère d’origine algérienne, Hubert Abraham Haddad n’a rien oublié de ses origines judéoberbères. Depuis Un rêve de glace, son premier roman, jusqu’aux interventions borgésiennes de l’Univers, étonnant romandictionnaire sans oublier le Camp du bandit mauresque, récit d’enfance, le Nouveau Magasin d’écriture ou Oholiba des songes, autre fiction déjà hantée par le conflit du Proche-Orient , Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel et d’écrivain.. Résumé : Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute… Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade. C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée...   Kiran Desai a grandi à Delhi, en Inde. Ses études l’ont conduite en Angleterre et aux Etats-Unis, où elle a obtenu un master de l’Université de Columbia, à New York. Son premier roman, Le Gourou sur la branche, a été publié dans vingt-deux pays. A trente-cinq ans, Kiran Desai vient de recevoir le Man Booker Prize 2006, le prix du National Books Critics et le prix indien Hutch Crosswords pour son second roman, La Perte en héritage. Ce livre sera publié dans trente-sept pays. Elle réside actuellement à Brooklyn. Résumé : Orpheline à seize ans, Sai, qui a passé plusieurs années sous la férule des bonnes soeurs, se retrouve chez son grand-père, juge de district à la retraite, dans le nord de l'Inde. Elle vit les enchantements et désenchantements du premier amour, sous l'oeil distrait du cuisinier de son grand-père, le père de Biju. Biju, lui, attiré par le mythe américain, s’est expatrié à New York. Sa quête d'identité passe par la solitude, le dépouillement, l'exploitation des sans-papiers, et finalement, le retour au pays. La Perte en héritage est l'histoire d'êtres dépouillés de leur culture, déçus par l'Occident, et qui cherchent tant bien que mal à recouvrer leur dignité.  |  Jean-Marie Chevrier est l’auteur de quatre romans, Zizim ou l’Epopée tragique d’un prince ottoman (1993), Une saison de pierre (1995), La seconde vie (2000) et Le Navire aux chimères (2004), publiés aux Editions Albin Michel. Résumé : V Maximilien, médecin parisien, la soixantaine passée, apprend qu’il va mourir d’un cancer. Passée la réaction de révolte, il décide de ne pas combattre une maladie trop avancée, de se livrer à des traitements épuisants et vains. La maison qu’il vient d’acquérir sur une colline creusoise à l’écart du monde servira de refuge et de cadre à ses dernières saisons. Quelques semaines avant le début de ce dernier voyage, une jeune femme était entrée dans ce qui lui reste de vie. Grâce à elle et à son amour désintéressé, grâce aussi à la bonté d’une ex-compagne, il parvient à accepter sa déchéance physique et l’idée de sa disparition prochaine. Décidé à hâter sa fin, Maximilien exhume alors de son jardin une statuette romaine de Mercure, dieu préposé au passage des morts vers le fleuve ultime. Le signal du départ. Un homme condamné attend la mort avec calme, il la regarde en face, l’apprivoise et l’accepte. Tout est dit sur cette tragédie, sans peur ni amertume, avec une sobriété extrême et une profonde intelligence de l’esprit et du cœur..   Philippe Claudel est l’auteur de J’abandonne, Meuse l’oubli, Quelques-uns des cent regrets, des Âmes grises et de La petite fille de Monsieur Linh. Résumé : Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore. « On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports. » Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre. « A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s’insurge le maire du village. N’as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu’est-ce qui ressemble plus à un mort qu’un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire. Ne pas s’éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n’existe pas ou ce qui n’existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.   Élif Shafak est en train de devenir, avec Orhan Pamuk, l'écrivain turc le plus célèbre du monde. Née à Strasbourg en 1971, elle passe son adolescence en Espagne (sa mère est diplomate), avant de partager son temps entre Istambul et l'Arizona. Tout en bâtissant une oeuvre de premier ordre (six romans à ce jour), elle mène une carrière de journaliste respectée (notamment comme correspondante du New York Times). Elif Shafak est de tous les combats, ce qui lui vaut des menaces de mort. La Bâtarde d'Istanbul, le premier de ses livres à paraître en français, est déjà un succès aux Etats-Unis et lui a valu un procès retentissant en Turquie : parce qu'elle ose y aborder le génocide arménien, elle a été accusée "d'atteinte à la dignité turc". Résumé : Voici l'histoire de deux familles dans les dernières années du XX ième siècle. L'une, les Kazanci, est turque et vit à Istanbul; la seconde, arménienne, les Tchakhmakhchian, s'est installée à San Francisco après le génocide. Chez les Kazanci, les femmes sont de grandes amoureuses, des hypocondriaques ou des fortes en gueule, et les hommes n'atteignent pas les quarante ans. Chez les Tchakhmakhchian, on est rude, religieux, sans imagination, frileux en tout, excepté Rose qui abandonne son époux pour se remarier avec un ... Turc. Lorsque la fille de Rose, Armanouch, se rend à Istanbul pour y rencontrer la famille de son beau-père, elle se lie d'amitié avec la plus jeune des Kazanci, Asya, celle que l'on appelle la "bâtarde". Au cours du séjour d'Armanouch beaucoup de secrets seront mis à nu, et pas des moindres : inceste, rapt d'enfant, identité volée. Un meutre conclura les révélations. Et la vie continuera.   Éric Reinhardt est né en 1965 à Nancy. Il vit et travaille à Paris. Il est éditeur de livres d’art. Il est l’auteur de Demi-sommeil (Actes Sud, 1998), du Moral des ménages (Stock, 2002) et de Existence (Stock, 2004). Résumé : C’est un livre d’amour. C’est un livre d’amour dédié à une saison, l’automne. C’est un livre d’amour et de guerre sur la mondialisation, les dérives du capitalisme moderne. Laurent Dahl prend la fuite, abandonnant femme, enfants, appartement londonien et domestiques. Son ascension fulgurante dans une société d’investissements vient de s’achever en faillite. Patrick Neftel roule à vive allure vers un studio de télévision, des armes cachées dans le coffre de sa voiture, pour accomplir le geste radical et désespéré qui lui donnera enfin le sentiment d’exister. Thierry Trockel conduit son épouse vers un manoir isolé aux environs de Munich. Ils doivent y retrouver un couple rencontré sur Internet. À travers ces trois personnages issus d’une classe moyenne toujours malmenée par l’auteur du Moral des ménages, c’est la société dans toute sa rudesse qui se révèle : traders bourrés de cocaïne, laissés pour compte de la promotion sociale, parents soumis et humiliés, adolescents rageurs, jeunes gens avides et ambitieux, arrogance et dégradation des people, mépris des intellectuels de gauche pour les déclassés. Cendrillon est le roman que l’on attendait sur notre monde, un monde qui agonise et ressuscite d’un marché financier à l’autre : documenté, précis, captivant. On se passionne pour les paris périlleux des spéculateurs qui jouent avec l’argent des autres, au risque de tout perdre..   Monika Fagerholm est une écrivaine très reconnue en Scandinavie. Finlandaise, elle appartient au courant de la littérature d’expression suédophone. Elle a reçu de nombreuses distinctions en Suède dont le prix August. Son premier roman traduit en français Femmes merveilleuses au bord de l’eau (Gallimard, 1998) a été très remarqué de la critique. Résumé : 1969, une presqu’île de Finlande. Surgit de Coney Island une jeune fille américaine, Eddie de Wire, venue rendre visite à sa tante, installée dans la Maison de Verre. Deux garçons tombent éperdument amoureux d’elle et, lorsqu’elle disparaît si vite et sans raison, on retrouve le corps de l’un d’eux pendu dans une grange. C’est le début du « mystère de la Fille américaine » qui va hanter la vie des habitants du lieu. Ainsi, Doris et Sandra, encore enfants à l’époque du drame, qui éprouvent chacune la même fascination pour cette affaire, se lient d’une amitié exclusive. Partageant l’univers clos de leurs rêves et de leurs jeux, elles trouvent ensemble la force d’encaisser les secousses venues du monde des adultes, leurs mensonges, leur folie. Mais d’autres mystères affleurent : qu’est devenue Lorelei, la mère de Sandra ? Est-elle partie avec un amant ? Est-elle morte, assassinée ? Un jour, le corps de la jeune fille américaine remonte à la surface du marais de Bule. Mais s’agit-il bien d’elle ? Monika Fagerholm restitue de façon troublante les angoisses de la fin de l’enfance, l’éveil à la sexualité et la brutalité de l’adolescence. Tout en auscultant la part intime des êtres, elle évoque avec passion l’état des relations entre dominants et dominés. Se côtoient dans le roman la haute société scandinave, des estivants richissimes propriétaires de villas et les « gens du Coin » qui travaillent pour eux. La musique est très présente car l’auteur s’approprie des extraits de chanson des années 1960-1970, créant un refrain envoûtant, auquel s’ajoutent des réminiscences littéraires. On se demande enfin quel aurait été le destin de ces personnages si la musique punk n’était pas née.   Diane Meur, traductrice et romancière, est née à Bruxelles en 1970 et vit à Paris depuis vingt ans. Dans ce livre, où la maîtrise narrative le dispute à une fantaisie hantée, elle renoue avec la veine historique de son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002) qui lui valut un accueil critique et public très favorable. Résumé : En Galicie, terre rattachée à l’empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l’obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s’engage fiévreusement dans la lutte d’indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l’auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants. Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l’écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l’histoire de l’Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d’un passé qu’elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu’elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité. Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l’amour en scrutant l’horizon. Mais l’horizon, c’est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change… Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu’on se trouve au seuil du XXe siècle avec l’impression d’en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements. Une jeune femme, enfin, réussira à s’en aller…   Née en 1946 en RFA, Ursula Hegi passe sa jeunesse dans une petite ville près de Düsseldorf. Elle a dix-huit ans lorsqu’elle part pour les États-Unis. Elle suit des cours d’écriture à l’université du New Hampshire, puis enseigne à la Eastern Washington University pendant quinze ans. Sa réflexion sur le passé de l’Allemagne, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, invite Ursula Hegi à écrire sur son pays natal. Critique littéraire pour le New York Times, le Los Angeles Times et le Washington Post, Ursula Hegi a reçu, depuis la parution de son premier roman Intuitions en 1981, de nombreux prix littéraires américains. Trudi la naine (Stones From the River, Poseidon Press 1994), qui fut sélectionné en 1994 dans la liste du prix Pen Faulkner, est son premier texte traduit en français. Ursula Hegi vit aujourd’hui près de New York. Résumé : Enfant, Trudi Montag croyait que chaque être humain savait ce qui se passait dans la tête des autres. C’était avant qu’elle comprenne en quoi sa différence faisait sa force. Et son angoisse. » De 1915 à 1952, dans une petite ville catholique allemande du nom de Burgdorf, vit Trudi la naine. Sujette à mille et une brimades, Trudi en profite, depuis la bibliothèque où elle travaille avec son père Leo, pour observer jour après jour ses contemporains, avec leurs bassesses, leurs compromissions mais aussi leurs heures de gloire, de l’humiliation de la défaite de 1918 jusqu’au terrible silence collectif sous le nazisme. Gardienne des secrets les plus sombres comme de la mémoire collective de Burgdorf, Trudi, méprisée autant que crainte, deviendra ainsi le témoin privilégié – et révolté – de la catastrophe annoncée. Dans cette vaste fresque romanesque en partie inspirée de faits réels, Ursula Hegi, elle-même d’origine allemande, aborde tout un pan de l’histoire de l’Allemagne, jusque dans ses détails les plus douloureux et les plus inavouables, pour appréhender par la littérature le glissement de la civilisation vers la barbarie. |